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Crise dans l’Est de la RDC : Washington impose des restrictions de visas à «plusieurs hauts responsables rwandais»

La pression diplomatique des États-Unis sur le Rwanda s’intensifie dans le contexte de la crise sécuritaire persistante dans l’est de la République démocratique du Congo. Quelques jours après l’annonce de sanctions économiques visant l’armée rwandaise et certains de ses hauts gradés, Washington a décidé d’aller plus loin en imposant de nouvelles restrictions à l’encontre de responsables rwandais.

Le vendredi 6 mars, les autorités américaines ont annoncé des restrictions de visas visant plusieurs hauts responsables du Rwanda, accusés de soutenir la rébellion du M23 et de contribuer à l’instabilité dans la région des Grands Lacs.

L’annonce a été faite par le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, qui a indiqué que ces mesures ciblent des personnes impliquées, directement ou indirectement, dans des actions susceptibles de compromettre les efforts de paix dans l’est de la RDC.

« Les individus considérés comme responsables, complices ou impliqués, directement ou indirectement, dans des actions visant à saper ou à entraver une paix durable dans la région des Grands Lacs devront en assumer les conséquences », a déclaré le chef de la diplomatie américaine dans un communiqué officiel.

Des responsables non identifiés

Le département d’État n’a toutefois fourni aucun détail sur l’identité des responsables concernés, invoquant la confidentialité des procédures liées aux visas conformément à la législation américaine.

Ces nouvelles mesures devraient néanmoins concerner des personnalités déjà visées par les sanctions annoncées quelques jours plus tôt par le département du Trésor américain. Ces sanctions ciblaient notamment l’armée rwandaise ainsi que quatre de ses officiers supérieurs, que Washington accuse d’être impliqués dans les avancées militaires du mouvement rebelle M23 dans l’est de la RDC.

Selon les autorités américaines, d’autres personnalités rwandaises ou même des membres de leurs familles pourraient également être concernés par ces restrictions de visas.

Washington accuse Kigali de ne pas respecter ses engagements

Les États-Unis reprochent notamment au Rwanda de ne pas respecter les engagements pris dans le cadre des accords de Washington conclus en décembre dernier. Cet accord prévoyait notamment le retrait des forces rwandaises du territoire congolais ainsi que la neutralisation des rebelles hutus des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

Cependant, peu de temps après la signature de cet accord, les rebelles du M23, que plusieurs rapports internationaux accusent d’être soutenus par Kigali, ont pris le contrôle de la ville d’Uvira, relançant les tensions dans la région.

Kigali dénonce une « pression sélective »

Face à ces accusations et aux sanctions américaines, le président rwandais Paul Kagame a réagi le 6 mars lors d’une rencontre avec le corps diplomatique accrédité à Kigali. Il a dénoncé ce qu’il considère comme une pression injustement dirigée contre son pays.

Le chef de l’État rwandais estime que les accords de Washington impliquent trois acteurs principaux : le Rwanda, la République démocratique du Congo et les États-Unis, en tant que pays ayant facilité le processus.

« Dans les accords de Washington, il y a en réalité trois parties concernées : le Rwanda, la RDC et les États-Unis, qui ont accueilli ce processus. Pourtant, on semble attendre uniquement du Rwanda qu’il remplisse ses obligations », a déclaré Paul Kagame.

Le président rwandais a également exprimé des réserves quant à l’efficacité de cette approche, estimant que la mise en œuvre complète des engagements par toutes les parties serait la seule voie pour restaurer la stabilité dans la région.

Selon lui, l’application intégrale de ces accords pourrait permettre d’assurer la sécurité de chaque pays concerné tout en ouvrant la voie à une coopération économique mutuellement bénéfique dans la région des Grands Lacs.

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