Le débat autour de la proposition de loi sur le référendum continue de provoquer des secousses dans la classe politique congolaise. Cette fois, c’est Martin Fayulu qui monte au créneau contre l’initiative portée par le député national Paul-Gaspard Ngondankoy. Pour le président de l’ECiDé, le texte dépasse largement le simple cadre d’une loi référendaire et cacherait, selon lui, une volonté de remettre en cause les dispositions verrouillées de la Constitution.
Face à la presse ce vendredi 8 mai 2026, l’opposant a accusé le pouvoir de préparer progressivement ce qu’il qualifie de « coup d’État constitutionnel ». Selon lui, le texte entretient volontairement une contradiction : afficher officiellement le respect des articles protégés de la Constitution tout en créant, dans la pratique, des mécanismes permettant de les contourner.
Martin Fayulu estime notamment que certaines dispositions introduites dans la proposition de loi ouvriraient une brèche dangereuse. Il critique particulièrement les articles évoquant la possibilité d’agir en cas de « dysfonctionnement majeur », une notion qu’il juge floue et susceptible d’interprétations politiques.
Pour le leader de l’ECiDé, une question fondamentale demeure : qui aurait le pouvoir de déterminer qu’une disposition constitutionnelle est devenue inadaptée ? Il rejette l’idée que des experts désignés par ordonnance puissent se substituer à la volonté populaire exprimée dans la Constitution.
L’opposant considère également que l’argument du référendum ne peut justifier une remise en cause des matières déclarées intangibles par la loi fondamentale. Selon lui, l’article 220 constitue une protection essentielle contre les abus de pouvoir et garantit notamment l’alternance démocratique, les libertés publiques ainsi que l’équilibre institutionnel.
Dans son intervention, Martin Fayulu a averti qu’accepter une telle logique reviendrait à ouvrir la voie à des modifications opportunistes de la Constitution au gré des crises politiques. À ses yeux, une Constitution qui cède aux circonstances perd son rôle de garde-fou républicain.
Le président de l’ECiDé s’est également montré sévère envers les juristes soutenant cette initiative, estimant que certains utilisent leur expertise académique pour justifier des violations constitutionnelles. Il affirme que le combat actuel dépasse le simple débat juridique et touche directement à la préservation de l’État de droit en RDC.
Au cœur des inquiétudes de l’opposition figure aussi le contexte politique actuel. Depuis plusieurs mois, Félix Tshisekedi évoque ouvertement l’idée d’une réforme constitutionnelle et ne ferme plus totalement la porte à un éventuel troisième mandat, à condition, affirme-t-il, que le peuple en décide par référendum.
De son côté, Paul-Gaspard Ngondankoy rejette les accusations formulées contre son texte. Dans une récente communication, l’ancien directeur de cabinet de Sama Lukonde a assuré que sa proposition ne vise ni un changement immédiat de Constitution, ni une modification des équilibres politiques actuels. Il présente plutôt son initiative comme une réforme juridique destinée à adapter le cadre légal du référendum aux réalités actuelles.
Malgré ces explications, le texte continue de diviser profondément la scène politique congolaise, où majorité et opposition s’affrontent désormais sur la question sensible des limites du pouvoir et de l’avenir institutionnel du pays.





