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Processus de paix en RDC : l’AFC/M23 accuse Washington de partialité dans une lettre à Marco Rubio

L’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23) hausse le ton contre la médiation internationale conduite autour de la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC. Dans une lettre adressée le 7 mai 2026 au secrétaire d’État américain Marco Rubio, le coordonnateur politique du mouvement, Corneille Nangaa, remet ouvertement en question l’impartialité des États-Unis dans le processus de paix mené avec l’appui de Doha et de Lomé.

Dans cette correspondance, l’AFC/M23 accuse les autorités congolaises de ne pas avoir respecté plusieurs engagements conclus lors des discussions de Montreux du 18 avril 2026. Le mouvement cite notamment la non-libération de 317 détenus, pourtant prévue dans un délai de dix jours après les accords.

Le groupe politico-militaire évoque également une poursuite des opérations militaires contre les zones qu’il contrôle. Selon la lettre, des frappes par drones et aviation auraient continué malgré les engagements de désescalade, tandis que certains responsables du mouvement auraient été visés par des tentatives d’assassinat.

Mais au-delà du terrain militaire, c’est surtout la position américaine qui est désormais dans le viseur de l’AFC/M23. Corneille Nangaa estime que les récents accords stratégiques conclus entre Washington et Kinshasa autour des minerais critiques auraient créé un déséquilibre dans la médiation. Le mouvement considère que le pouvoir de Félix Tshisekedi bénéficierait d’une certaine indulgence diplomatique, malgré les accusations portées contre plusieurs acteurs proches du régime.

Pour l’AFC/M23, cette situation affaiblit progressivement la crédibilité du processus piloté par les partenaires internationaux.

Dans sa lettre, le mouvement rebelle tente également de mettre en avant les concessions qu’il affirme avoir consenties dans une logique d’apaisement. Il rappelle son retrait unilatéral de Walikale en mars 2025, la libération de plus de 1 350 détenus, ainsi que sa proposition de remise au CICR de plus de 5 000 éléments FARDC et de leurs dépendants. Le retrait d’Uvira et l’ouverture de corridors humanitaires figurent aussi parmi les mesures citées par le mouvement.

L’AFC/M23 affirme toutefois que la situation sécuritaire se serait fortement détériorée à Uvira après son retrait. Le mouvement attribue cette dégradation aux forces gouvernementales congolaises, qu’il accuse d’être soutenues par l’armée burundaise, des mercenaires étrangers ainsi que les groupes FDLR et Wazalendo.

La lettre a également été transmise à plusieurs acteurs impliqués dans les efforts diplomatiques autour du conflit, notamment au président togolais Faure Gnassingbé, désigné médiateur de l’Union africaine, au ministre d’État qatari Mohammed bin Abdulaziz Al-Khulaifi, à la facilitation suisse ainsi qu’à Massad Boulos, facilitateur du processus de Doha pour Washington.

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