Le processus de paix de Doha enregistre une première avancée concrète. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a facilité, dans la nuit du 6 au 7 août, la remise de quinze détenus libérés par les autorités congolaises à l’AFC/M23. Une opération inédite qui marque le début de la mise en œuvre des mesures de confiance convenues entre les deux parties.
Une première opération sous l’égide du CICR
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a annoncé avoir assuré, en qualité d’intermédiaire neutre, le transfert sécurisé des personnes libérées par le gouvernement congolais vers l’AFC/M23. L’organisation humanitaire précise que son intervention s’est limitée à faciliter la remise des détenus, conformément à son mandat de neutralité.
Selon des sources sécuritaires, les quinze personnes concernées ont accepté volontairement de participer à cette opération. Elles ont quitté Beni dans la soirée du 6 août avant d’être acheminées par convoi à travers le territoire ougandais. La remise aux représentants de l’AFC/M23 est intervenue vendredi matin dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu.
Une mesure de confiance prévue par le processus de Doha
Cette opération constitue la première application concrète des engagements pris dans le cadre du processus de paix de Doha. Le mécanisme de libération des détenus figure parmi les mesures destinées à instaurer un climat de confiance entre Kinshasa et l’AFC/M23 afin de favoriser la poursuite des négociations.
Le CICR indique avoir conduit cette mission en coordination avec les autorités sanitaires compétentes et dans le strict respect des protocoles de prévention contre Ebola.
Plus de 470 détenus concernés
D’après des sources proches des négociations, le programme de libération pourrait concerner au total 477 détenus. Parmi eux figurent 311 personnes réclamées par l’AFC/M23 et 166 détenus liés au gouvernement congolais.
Cette première remise est considérée comme une étape importante dans la mise en œuvre des engagements des deux parties. Si elle ne met pas fin au conflit qui secoue l’est de la République démocratique du Congo, elle constitue néanmoins un signal positif pour les médiateurs engagés dans le processus de Doha.
Les prochains jours devraient permettre de mesurer la volonté des parties de poursuivre ces gestes de confiance, jugés essentiels pour maintenir le dialogue et créer les conditions d’une désescalade durable des violences dans l’est du pays.



